Koutouzov

Koutouzov





(1745 - 1813)

En 1759, il intègre l'armée russe, alors qu'il n'est âgé que de 14 ans. Il connaît six langues, l'arithmétique et la géographie. Débutant dans les corps d'artillerie de l'impératrice Catherine II, il participe aux campagnes de Pologne (1764-1769) et d'Ukraine avant de se distinguer dans la guerre contre les Turcs en 1788-1792. Une balle lui traverse la tête en 1773 : il perd son œil droit. Il sert ensuite sous les ordres de son maître à penser, le général Alexandre Souvorov. En 1788, il frôle la mort encore une fois. Il récupère à temps pour prendre une part active aux dernières batailles contre les Turcs.

Koutouzov assiste en 1788 au siège d'Otchakov, où il fait preuve d'une grande fermeté. Il est dangereusement blessé dans une vigoureuse sortie de la garnison turque. Il prend ensuite une grande part à la prise d'Izmaïl, en 1790. Il est nommé en 1791 lieutenant général, puis chargé du commandement d'un corps d'armée placé entre le Prut, le Dniestr et le Danube. Après la paix avec les Turcs, il obtint le commandement de l'Ukraine et participe à plusieurs négociations diplomatiques, tant sous le règne de l'impératrice Catherine II que sous celui de son successeur le tsar Paul Ier. Il devient successivement ambassadeur à Constantinople, gouverneur-général de Finlande, commandant du corps des cadets à Saint-Pétersbourg, ambassadeur à Berlin, gouverneur militaire de Saint-Pétersbourg.

En 1805, au moment de la Troisième Coalition contre la France, Koutouzov a 60 ans. Il est un chef populaire par son goût immodéré pour l'alcool et les femmes, ce qui n'empêche pas que tout le monde s'accorde à le trouver courtois, cultivé et rusé. Alexandre Ier le charge de soutenir les Autrichiens contre Napoléon. Il affronte le maréchal Joseph Mortier à Dürrenstein en novembre 1805.

À Austerlitz, il déconseille de livrer bataille. Mais le tsar, présent sur le champ de bataille, fait la sourde oreille. Après la défaite, Koutouzov qui a eu le tort d'avoir raison, tombe à nouveau en défaveur. Il est assigné à des postes d'importance mineure.

En 1811, les victoires décisives qu'il remporte contre les Turcs en Moldavie dictent les conditions de la paix lors du traité de Bucarest le 16 mars 1812. Il est élevé aux dignités de prince, de président du conseil d'État et de feld-maréchal.
Le tsar lui confie à nouveau le commandement en chef de l'armée russe lors de l'invasion française de la campagne de Russie. Koutouzov applique alors la politique de la terre brûlée sur près de 2 000 km entre la frontière russe et Moscou. Évitant jusqu'au bout l'affrontement qui lui serait fatal, il laisse les 200 000 hommes de la Grande Armée s'approcher de Moscou sous les harcèlements incessants des Cosaques. Puis, il se décide enfin, aux portes de Moscou, à livrer bataille. C'est la bataille de la Moskowa (ou Borodino).

Vaincue, l'armée russe ouvre la route de Moscou que les Français trouvent abandonnée. La ville construite en bois est incendiée du 14 au 20 septembre privant les 200 000 hommes de la Grande Armée, d'abris pour l'hiver, sans que l'on puisse réellement affirmer qui, des Français ou des Russes, est vraiment responsable de cet incendie : probablement un peu des deux, pillards français, pillards russes...

Lors du passage de la Bérézina, les débris de la Grande Armée lui échappent de justesse.
Ce feld-maréchal commande encore l'armée russe au commencement de 1813. Mais atteint d'une septicémie, suite à ses nombreuses blessures, il meurt à Bunzlau en Silésie le 6 avril 1813, alors qu'il prend le commandement des forces alliés de la Sixième Coalition et s'apprête à déclencher une offensive contre les forces de Napoléon.