LE TRAITE DE WASHINGTON DE 1922

Les accords de Washington en 1922 mirent fin provisoirement à la fièvre de construction de navires de ligne qui prévalait avant la Première Guerre mondiale.
Les accords de Washington définissent dans leur chapitre 4 les caracéristiques d'un porte-avions : tout bâtiment excédant 20 000 t dont "la fonction spécifique et exclusive est le transport d'aéronefs, et construit le façon à permettre aux appareils de décoller et d'atterrir". Les signataires des accords étaient autorisés à se doter d'un nombre indéterminé d'unités pour un tonnage total plafonné (article 7) : le Royaume-Uni et les États-Unis, 135 000 t; le Japon, 81 000 t; 60 000 t pour la France et l'Italie. L'article 9 stipule qu'aucun navire ne peut dépasser 27 000 t standard, mais chaque Etat peut en construire deux allant jusqu'à
33 000 t, pourvu que le plafond soit respecté.

Le Lexington

En application des clauses le limitation, les puissances contractantes ont aussi la possibilité de convertir les unités "déjà construites ou en cours de construction" qui devraient sinon être cassées pour respecter les quotas. L'article 10 prévoit l'absence de restriction pour les armes de petit calibre et une dotation maximale de dix canons au calibre compris entre 152 et 203 mm. Au Chapitre 3, le remplacement des unités est admis vingt ans après leur date d'achèvement (sauf en cas de perte). Les navires expérimentaux peuvent quant à eux être remplacés dans la limite du plafonnement.
Pour se resituer dans le contexte de l'époque, on doit avoir en mémoire que le Royaume-Uni ainsi que le Japon construisaient déjà, leurs premiers porte-avions de petit gabarit et que les États-Unis transformaient un charbonnier. La France et l'Italie n'avaient pas avancé sérieusement leurs études. Ainsi, après les hésitations de la première génération, les signataires se retrouvèrent en possession de paramètres définissant la deuxième génération de porte-avions, leur donnant les moyens d'optimiser la reconstruction des coques inachevées des avires de ligne en chantier. Ce que firent les Américains en transformant les coques de deux croiseurs de bataille; achevés en 1927, le Saratoga (CV.3) et le Lexington (CV.2) mesuraient 270,50 m et filaient 34 oeuds; comparés au CV.1 Langley de 165,40 m pour 15 noeuds, la mutation en cinq ans, sans étape intermédiaire, est particulièrement frappante, mais la limite officielle de 33000 t était dépassée d'environ dix our cent. Les Japonais suivirent une orientation similaire avec l'Akagi et le Kaga. Les deux bâtiments, sans autre raison que le manque d'expérience, furent équipés d'une batterie de 203 mm, transgressant de cette manière les accords passés.

Courageaous, Furious britanniques


Les deux marines revinrent ensuite à des bâtiments de dimensions plus modestes (le Ranger et le Ryujo), qui serrent à démontrer que seules les grandes unités sont valables. Les Briinniques, avec de meilleures coques et plus d'expérience, optèrent pour deux navires de 22 500 t, le Glorious et le Courageous, qui, armés de canons de 120 mm, demeuraient dans les limites de la convention. sans d'une conception classique et sans démesure, la Royal Navy se trouva en 1930 à la tête de six porte-avions d'une capacité d'embarquement peu inférieure à celle des unités américaines. En mer Méditernée, les Italiens ne virent pas l'intérêt de ce type de navire; enfin, les français construisirent le Béarn, lent et de faible capacité, la France avait à cette occasion pris du retard dans le domaine aéronaval. Au total, les accords de Washington mirent un frein aux rivalités entre marines et à contrario stimulèrent l'essor des techniques de construction des grandes unités, croiseurs et porte-avions.