LA VICTOIRE DE NELSON A TRAFALGAR - 1805

Entouré par Collingwood et Nelson à Cadix, de Villeneuve n’a d’autre choix que d’attaquer la flotte britannique. Pour défendre son honneur et prouver à l’Empereur sa validité en tant que chef de marine, de Villeneuve profite du fait que Nelson a détaché des navires à Gibraltar et Tétouan pour attaquer. Pourtant, ses ordres venus de l’Empereur étaient claires: se rendre dans la Méditerranée pour attaquer Naples. La flotte combinée appareille dans la matinée du 20 octobre 1805. Le vent était du sud-est, très faible brise, mais le ciel incertain annonçait un changement de temps probable. Sa stratégie de positionnement est judicieuse: il place ses bâtiments les plus forts à l’arrière garde ayant parfaitement prévu la tactique de Nelson qui essayerait de percer la ligne au centre et d'envelopper le Bucentaure, vaisseau-amiral. L'arrière-garde serait alors en mesure de remonter la ligne et de lui prêter assistance. La flotte franco-espagnole quitte donc Cadix sur trois colonnes longeant la côte en direction du détroit de Gibraltar. Les navires de tête, dont l’Achille, peuvent apercevoir au large la ligne de bâtiments de la Royal Navy.

Le vaisseau-amiral britannique le Victory

Le vent étant très faible, la ligne serrée qu’avait espérée l’amiral de Villeneuve dans sa stratégie s’étendait maintenant sur près de 5 kilomètres. Les navires sont séparés les uns des autres et la confusion règne au sein de l’armada. Le vent ramène les navires vers Cadix. De Villeneuve décide de rebrousser chemin. La stratégie de l’amiral français est chambardée puisque les bâtiments les plus puissants se retrouvent à l’avant. La flotte anglaise rattrapant la flotte franco-espagnole, Nelson décida d’attaquer. Nelson n’avait pas la supériorité numérique mais avait l’avantage d’avoir la flotte la plus expérimentée et la plus technologique. À bord de son vaisseau-amiral Victory, l’amiral Nelson décide de séparer la flotte en deux colonnes. La première est sous sa gouverne tandis que la deuxième est dirigée par Collingwood à bord du Royal Sovereign et composée de quinze vaisseaux. Après avoir fait son testament, Nelson monte sur le pont et constate que le Royal Sovereign est trop rapide. Il appel un enseigne et lui dit ceci:

" Signalez à la flotte : L'Angleterre espère que chaque homme fera son devoir ".
L'enseigne se précipite et revient : " My lord, le code n'a pas prévu le mot espère ! ".
" Signalez attend " répond NELSON, l'enseigne revient encore : " My lord, le code n'a pas prévu le mot devoir ! "
" Oh ! " Dit NELSON, énervé. " Signalez : (D) (U) (T) (Y) " - devoir

À bord des vaisseaux français et espagnols tout le monde est aux postes de combat et l'on crie "Vive l'Empereur" avec autant de cœur que sur les champs de bataille terrestre.

Le Redoutable attaque le Victory

Étant le bâtiment le plus en avance de la flotte royale britannique, le Royal Sovereign fut le premier vaisseau à être attaqué par la France et l’Espagne. Le combat débuta par le bombardement du vaisseaux de Collingwood par le Santa Anna et le Fougueux. Le Royal Sovereign réplique et abîme le Santa Anna. Par contre, canonné par 5 vaisseaux, le Royal Sovereing est démâté. Le Fougueux est pris à l’abordage. Plus loin, Nelson observe du pont du Victory la bataille de Collingwood. Sa colonne n’étant pas encore arrivée au front, il ne pouvait pas encore intervenir. Vers 12:30, le Bucentaure jugeant le Victory à portée, tir à grand coups de canons sur le bâtiment-amiral. Mais, la puissance de feu du vaisseau français, rendue quasi-inefficace à cause de la houle, n’atteint pas victorieusement le Victory. À 13:00, le pont du Victory vient toucher le Bucentaure. Pierre Charles de Villeneuve craint alors l’abordage de son navire. Il saisit donc l'aigle de son vaisseau, la montre à ses hommes enthousiastes et leur cri : " Je vais la jeter à bord de l'ennemi, nous irons l'y reprendre ! " (5) De Villeneuve pouvait compter alors sur des troupes d’abordage qu’il avait embarqué aux Antilles. Mais, le capitaine Hardy, capitaine du Victory, craint pour la vie de l’amiral Nelson. Il éloigne donc le navire du Bucentaure pour s’attaquer à un chétif navire français, le Redoutable. Le Téméraire et le Neptune s’affaire alors à occuper le Bucentaure. En déplaçant le Victory vers le Redoutable, Hardy ne se doutait pas des conséquences qui allait s’en suivre.

Sur le pont du Victory, Horatio Nelson marchait sans cesse de tout bord tout côté. Nerveux, l’amiral est toutefois confiant de remporter la bataille avec le Redoutable. Avec ses cent canons, le Victory faisait le poids en comparaison avec son ennemi le Redoutable et ses soixante-quatorze canons. Au contraire, dans le corps-à-corps que les deux vaisseaux se livrent, le Redoutable prend l’avantage. Si bien que l’équipage du Redoutable se prépare à l’abordage du vaisseau-amiral britannique. Dans la confusion de la fusillade, un marin du Redoutable aperçoit sur le pont un homme, vêtue comme à la cour, qui ne cesse de marcher. Il pointe alors son fusil en sa direction. Soudain, Nelson est atteint d’une balle qui lui brise la colonne vertébrale. Il agonise pendant trois heures avant de mourir dans l’entrepont. Le héros des mers n’était plus là. L’amiral légendaire qui avait terrorisé de Villeneuve à Aboukir et aux Antilles.

La mort de Nelson ne sonna pas pour autant la fin de la bataille. Les troupes du Redoutable escalade les bords du Victory qui surplombait de haut les bastingages du Redoutable. Comme dans tout abordage, un combat sanglant s’engage et fait plusieurs morts du côté anglais. Mais, le vaisseau-amiral n’est pas encore au main des Français. Le Téméraire, que ni le Bucentaure, ni le Santissima Trinidad n’ont su arrêter fonce tout droit vers le Victory. Le Victory fut libéré. Le navire-amiral français, le Bucentaure, est mis en déroute et l’amiral de Villeneuve est fait prisonnier après un brave combat contre l’ennemi. Les derniers coups de canons retentissent. C’est la fin de la Bataille de Trafalgar.