MORTIER DE 370 FILLOUX

Le Mortier de 370 Filloux répondait à la nécessité de disposer d'une arme d'artillerie côtière capable d'effectuer des tirs plongeants susceptibles de percer le blindage relativement faible du pont des navires de guerre. Il avait déjà été construit des obusiers à tubes courts, effectuant des tirs verticaux, mais le modèle de calibre 370 mm qui sortit en 1913 resta par la suite la plus importante des armes françaises de cette catégorie.

En apparence, le Mortier de 370 était une pièce étonnamment petite. En fait, c'était un mastodonte, conçu à l'origine pour équiper des batteries côtières où il devait — du moins, en principe — être mis en place et maintenu. En réalité, après l'hécatombe de 1914, l'armée française récupéra tout ce qu'elle put trouver comme matériel d'artillerie lourde et l'installa dans les secteurs proches de son réseau de tranchées afin de disposer d'un minimun de capacité de destruction des organisations défensives adverses. Le Mortier de 370 fut heureusement livré avec deux types d'appareillages de manutention, pour transport sur route et sur voie ferrée. Les deux systèmes comportaient des portiques, des grues et des accessoires de montage. Le plus important de ces dispositifs était destiné à suspendre le tube pour en permettre le déplacement sous un portique comme pour les autres éléments. Il y avait au total trois charges principales, plus les munitions et les accessoires.

Le déplacement du Mortier de 370 représentait, certes, une opération difficile mais son installation était encore plus complexe. Elle consistait d'abord à creuser une vaste fosse dans laquelle on descendait la plate-forme de tir. Celle-ci comportait sur sa partie inférieure une série de bêches de crosse verticales destinées à absorber une fraction du recul au départ du coup, recul en grande partie amorti par un affût lourd monté sur la plate-forme. Cet affût était caractérisé par la présence d'un système rudimentaire de cylindres de récupération couplés aux tourillons. La mise en place et l'assemblage de l'ensemble demandaient un temps considérable. C'était le prix que devaient payer les Français pour disposer d'un minimum d'artillerie lourde sur le front durant l'année 1915.

Dimensions considérables mais canons médiocres

Une fois les obusiers déployés, leurs munitions, qui étaient d'abord des projectiles perforants, furent progressivement remplacées par des obus au puissant effet de souffle. Le dernier de ces projectiles apparut dans le courant de l'année 1917. Il en existait deux types, dont le plus lourd pesait 489 kg. Mais, avec cet obus, la portée se réduisait à 8 100 m, performance insuffisante compte tenu du nombre de servants et de l'importance du travail qu'exigeait la mise en oeuvre de ce mortier et qui représentaient un véritable gaspillage de potentiel.

T35 pendant une parade sur la place rouge. Malgré sa taille, il n'était pas adapté aux combats de l'époque.

CARACTERISTIQUES

CALIBRE

370 mm

LONGUEUR DU TUBE

3.31 m

POIDS EN BATTERIE
Environ 30 000 Kg
POIDS DE L'OBUS
environ 450 kg
PORTEE
Environ 9 km