LE COMET A-34

En 1943, le Challenger jugé insatisfaisant, demeure indispensable à ce stade de la guerre. Les études, destinées à réaliser un char cruiser mieux proportionné, plus maniable et aussi bien armé que l'A30, restent donc la priorité. Le résultat sera cette fois à la hauteur des ambitions grâce au Sherman Firefly et à l'A34 Comet.

Le châssis et la motorisation de l'A27 Cromwell donnent pleine satisfaction. La décision est prise de réaliser le successeur du Challenger sur les mêmes bases. Afin d'éviter tout problème de poids et de manoeuvrabilité rencontrés sur ce dernier, le pari, engagé par les ingénieurs de Leyland et imposé par les militaires, consiste à installer un canon aussi efficace que le 17 pounder, sur le châssis d'un Cromwell, tout en gardant un maximum de ses pièces d'origine. Si le Firefly reçoit aisément la pièce de 17 pounder, le futur A34 est armé d'un nouveau canon. Réalisé par la firme Vickers-Armstrong, il permet de garder une tourelle de forme similaire à celle du Cromwell. Toutefois, celle-ci est quelque peu allongée, élargie et mieux blindée (blindage corroyé) que cette dernière. Ceci particulièrement au niveau du masque avant, alors entièrement moulé. Doté d'un système de rotation électrique, elle bénéficie également de casiers blindés pour le stockage des munitions.

La pièce, dénommée Vickers 75 mm HV (pour High Velocity/Haute Vitesse) est en réalité une version compacte et allégée du 17 pounder, dont le tube a été légèrement raccourci. Tirant les mêmes munitions, elle a en revanche l'avantage d'employer des douilles plus larges, mais surtout plus courtes. Ainsi formée, cette munition, moins encombrante, prend moins de place et devient plus facile à manier à l'intérieur de la tourelle. Afin d'éviter toute erreur d'approvisionnement, entre les deux charges, la munition (le 75 HV et son canon sont rapidement rebaptisés « 77 mm MK II ». Pesant 7,7 kg, le projectile peut, à pleine puissance, percer un blindage maximum de109mm à 450m.
La maquette du A34 est présentée en septembre 1943 et le premier prototype (dénommé A43) seulement en février 1944. Les essais démontrent que l'engin est encore lourd par rapport au projet de départ. Son poids agit effectivement sur sa suspension et son train de roulement. Pour remédier à cela, l'ensemble est renforcé grâce à une diminution des galets de roule-ment et à l'adjonction, sur la partie supérieure du train, de quatre petits galets de soutien. Cette modification lui est largement bénéfique car, en plus de régler son problème initial, elle rend le char plus robuste, plus maniable et plus agile. Elle le rend également plus endurant en tout-terrain et lui permet des pointes hors pistes qui avoisinent les 26 km/h, ainsi que le passage de certains obstacles à grande vitesse. Comparé, à l'époque, par certains de ses pilotes, à une « voiture de sport », l'A34 Cornet laisse également des souvenirs impérissables à certains membres d'équipages, dont la tête ou l'estomac n'apprécièrent guère son comportement et ses accélérations en tout-terrain.

Mieux blindé que le Cromwell, le Cornet garde toutefois la face avant et le même armement de caisse que celui-ci. Malgré tout, l'homologation et le lancement de sa fabrication en série prennent du retard. Prévu pour être opérationnel dès le printemps 1944, le Comet n'apparaît en unités qu'en septembre de la même année.
Utilisé pour la première fois durant la bataille des Ardennes en décembre 1944, l'A34 participe surtout à la campagne d'Allemagne, en 1945. II y sera surtout employé par la 11' division blindée britannique, qui reste la seule unité à en être entièrement dotée. Traversant le Rhin en mars 1944, les A34 prennent une part active aux derniers combats en Europe de l'Ouest, poussant leur progression jusqu'à Lübeck et aux côtes de la mer Baltique, avant l'arrêt des combats. La guerre est terminée, mais l'histoire du Cornet en unité ne fait que commencer. En effet, l'armée britannique utilise activement ces chars jusqu'à leur remplacement définitif par des Centurion, en 1957. L'A34 prend ainsi une part active à la guerre de Corée et aux opérations de Palestine et de Suez. Conquis par sa puissance de feu et son agilité, plusieurs pays comme la Finlande, la Birmanie ou l'Afrique du Sud, en acquièrent des exemplaires. Ces deux derniers les utilisent d'ailleurs jusqu'au début des années 1980.

Equipage 5 hommes
Masse en ordre de combat 35.7 tonnes
Dimensions Longueur : 7,66 m
Largeur : 3,04 m
Hauteur : 2,98 m
Moteur 2 cylindres en ligne, essence, Rolls-Royce Meteor, développant 600 CV
Autonomie 196 km
Vitesse 51 km/h maximale sur route

Armement

1 canon de 17 pounder (77 mm), 2 mitrailleuses Besa de 7,62 mm (dont une coaxiale)