MASSENA GAGNE A ZURICH - 1799

Les 25 et 26 septembre 1799, le général André Masséna, commandant l'armée française d'Helvétie, du Danube et du Rhin, remporte à Zurich une victoire décisive sur les forces austro-russes des généraux Korsakov et Hotze.

La deuxième coalition s'était constituée début 1798 avec la participation des empires russe et ottoman qui n'avaient jusque-là jamais combattu la France.
Les manœuvres et l'or de l'Angleterre sans doute, mais aussi les maladresses du Directoire (politique expansioniste et antireligieuse, appui déclaré aux mouvements révolutionnaires) avaient contribué à liguer toute l'Europe à l'exception de l'Espagne et de la Prusse.
Les jeunes États-Unis eux-mêmes étaient très partagés sur l'opportunité d'intervenir contre leur ancienne alliée.

Sur le front du Nord, le général Brune qui venait de conquérir la Suisse fut chargé de l'armée de Hollande en 1799 pour faire pièce au corps expéditionnaire anglo-autrichien sous les ordres du duc d'York débarqué en République Batave.

Les alliés avaient l'avantage numérique, mais manquaient de détermination. Brune prit l'initiative contre des forces désunies et remporta les victoires de Bergen (17 septembre) et Castricum (6 octobre).

Selon le jugement de Napoléon, «Brune fut à juste titre proclamé le sauveur de la République Batave. Les Romains lui eussent décerné les honneurs du triomphe. En sauvant la Hollande, il a sauvé la France de l'invasion».

Sur le front d'Italie, les Républiques Romaine et Parthénopéenne s'étaient ajoutées en 1798 et 1799 aux créations antérieures de Bonaparte, les Républiques Ligure et Cisalpine.
La réaction sanfédiste et l'action de Nelson triomphaient des «jacobini» en juin 1799 et faisaient refluer Championnet vers le nord.
De leur côté, Souvarov et ses cosaques, aventurés pour la première fois en Europe occidentale, pulvérisaient les armées de Moreau, Macdonald et Joubert au cours d'une campagne irrésistible pendant l'été 1799.

Fin août, Souvarov n'attendait plus qu'un ordre pour passer les Alpes et déboucher en Provence sur les talons de Suchet. L'invasion de la France était imminente.

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Le sort de la Révolution française allait se jouer en Suisse : la République Helvétique, constituée un an plus tôt, le 22 mars 1798, ne pouvait se maintenir sans un appui français permanent.
Durant l'été 1799, le général Masséna disposait ses forces (75.000 hommes) de Bâle au col du Saint-Gothard et chargeait Lecourbe de tenir les cols des Alpes contre les Autrichiens de Hotze.

En face de lui, en Thurgovie et Glaris, l'armée de l'archiduc Charles se renforçait d'un contingent russe commandé par Korsakov. Hotze tenait la Linth au Sud.
Début septembre, l'archiduc reçut l'ordre de marcher sur le Rhin inférieur pour secourir l'armée du duc d'York.
Le Conseil aulique, ainsi appelait-on l'état-major autrichien de Vienne, prétendit aussi diriger les opérations confiées aux vieux maréchaux Mélas et Souvarov.

C'est ainsi qu'il ordonna à Souvarov de revenir du Piedmont vers le Tessin. Ses raisons demeurent obscures - soit ineptie, soit pression des anglo-autrichiens pour secourir leurs forces en difficulté en Hollande, soit encore manœuvre visant à empêcher que le tsar puisse obtenir en cas de succès une influence indésirable dans les affaires d'Europe occidentale.

Souvarov emprunta le col du Saint-Gothard (2108 m) pour rejoindre ses partenaires près du lac de Zurich. Mais Lecourbe l'attendait de pied ferme, rendant sa progression difficile.
Masséna sut profiter du départ de l'archiduc, qui retirait à ses adversaires 20.000 hommes (le quart de leurs forces). Le 25 septembre, Oudinot franchissait la Limmat à Closter-Fahr et culbutait Korsakov, appuyé par Mortier sur la rive gauche.
Pendant ce temps, Soult bousculait les positions de Hotze qui tombait sur le champ de bataille.
«Souvorof, qui croyait déboucher en Suisse dans le flanc d'un ennemi attaqué de tous côtés, allait trouver au contraire tous ses lieutenants dispersés et s'engager au milieu d'une armée victorieuse de toutes parts» (Adolphe Thiers).

L'armée d'Helvétie avait ainsi mis 30.000 ennemis hors de combat et perdu quelques milliers d'hommes. La République Helvétique était sauvée, mais l'agitation y restait endémique. Le tsar Paul Ier se retirait de la coalition et menaçait de renverser son alliance.