BATAILLE DE SWOLD - 1000

La bataille de Svolder, ou bataille de Swold, fut livrée le 9 septembre 1000, dans la mer Baltique, entre la Norvège d'une part et une coalition scandinave de l'autre.

L'emplacement de la bataille n'est pas clairement établi, car la géographie des côtes de la mer Baltique a été profondément modifiée au cours des siècles, d'une part en raison de l'ensablement de la mer et d'autre part à cause des tempêtes du XIVe siècle, mais Svolder était probablement une île située au nord de la côte allemande, près de Rügen.

La bataille opposa Olaf Tryggvason ou Olaf Ier de Norvège, à son cousin et rival Éric Håkonsson soutenu par Olof de Suède et Sven Ier dit Barbe Fourchue, le roi du Danemark. Les sagas mentionnent également la présences de Wendes parmi les coalisés.

Durant l'été, Olaf était en expédition dans la partie orientale de la Baltique. Les alliés l'attendaient sur le trajet du retour, à hauteur de l'île de Svolder. Le roi de Norvège disposait de 71 navires, mais une partie d'entre eux appartenait à Sigvald Jarl, un chef des Jomsvikings. Or ce dernier avait partie liée avec l'ennemi et il déserta.

Les navires d'Olaf défilèrent devant le mouillage d'Eric Hakonson et de ses alliés en une longue colonne désordonnée, puisqu'aucune attaque n'était attendue. Le roi était en arrière-garde, avec ses meilleurs vaisseaux. Les alliés laissèrent passer le gros des bateaux norvégiens puis attaquèrent lorsque apparut Olaf. Le roi aurait pu les distancer et fuir en utilisant conjointement les rames et les voiles, mais il réagit en guerrier viking, et fit face à l'ennemi avec les 11 navires qu'il avait avec lui.

La disposition qu'il fit prendre à ses vaisseaux est l'une de celle que l'on retrouve le plus fréquemment dans les combats navals de l'époque, lorsqu'une flotte devait livrer une bataille défensive. Les navires s'arrimèrent les uns aux autres, en un fort flottant, avec au milieu le Long Serpent, le vaisseau royal. L'avantage de cette disposition permettait de réduire au minimum les conséquences liées à la disparité numérique entre les belligérants et notamment de pallier le risque d'encerclement d'un navire par plusieurs autres.

Selon les sagas islandaises, les Norvégiens, royaux ou partisans d'Eric Hakonson, furent les meilleurs combattants de cette bataille et si leurs récits sont véridiques, les Danois et les Suédois se seraient rués de front sur la ligne formée par les vaisseaux d'Olaf, sans le moindre succès.

Eric Hakonson, lui, attaqua de flanc.

La proue de son navire, le bien-nommé Bélier de fer, était renforcée de bandes de métal et il l'utilisa pour éperonner par le travers les bateaux d'Olaf, l'un après l'autre, jusqu'à ce qu'il parvienne au Long Serpent qui connut un sort identique. Olaf sauta à la mer avec son bouclier et son armure et coula aussitôt.

La légende veut qu'au dernier moment, des flammes célestes entourèrent le roi et qu'il disparut avec elles: à l'instar de ces personnages héroïques et quasi-mythiques que sont Charlemagne, le roi Arthur, Frédéric Barberousse ou Sébastien I du Portugal, Olaf ne peut mourir dans l'âme de son peuple qui attend et espère son retour.