LA PRISE DE SAMARCANDE - 1220

Coeur d'une riche région agricole, la cité de Samarcande,capitale de la Sogdiane n'a jamais cessé de susciter les convoitises. En 329 av. J.-C., elle fut prise par Alexandre le Grand. Dans la seconde moitié du IVe siècle, ce sont des « Huns » qui s'en emparèrent. En 712, les Arabes la forcèrent au moyen de trois cents catapultes, et réquisitionnèrent toutes les maisons à l'intérieur de l'enceinte pour y installer leur garnison.
Mais en 1220, ce sont les Mongols de Gengis-khan qui la ravagèrent.

Les chroniques médiévales mentionnent fréquemment des révoltes populaires, ce qui permet d'établir que la ville était capable de lever une milice de 50 000 hommes à pied, autant que l'effectif de la garnison. L'enceinte de 40 kilomètres de long, qui entoure les faubourgs était privé de portes fortifiées de manière à ne pas géner la répression des insurrections.
A la veille de la guerre, le sultan Mohammed de Khwârezm avait envisagé de doubler l'étendue du mu extérieur et d'y concentrer l'essentiel de son armée. Un impôt exceptionnel fût même levé à cette fin, mais la somme fut détournée et le sultan dut se contenter de renforcer les vieilles défenses du centre ville. Ceci fait, le sultan laissa la ville à son sort.

Plan de la Bataille

Lorsqu'en mars 1220 Genghis-Khan apparut devant Samarcande, son armée n'était pas plus nombreuse que les défenseurs de la ville. Les défenseurs, outre des mercenaires et la milice locale, pouvaient compter sur la présence de 20 éléphants indiens. Pour beaucoup, il faudrait des années avant de prendre la ville.
Selon une tactique déjà rodée, les mongols poussaient devant eux des foules de prisonniers, ceux qui ne pouvaient suivre étaient abbatus. Ces auxiliaires bien invilontaires étaient répartis en corps de troupes et affublés d'enseignes mongoles, pour donner aux défenseurs l'impression qu'ils appartenaient tous à l'armée ennemie.
Tout bascula le 3ème jour du siège. Une sortie des défenseurs (troupe impériale ou milice, les historiens ne sont pas tous d'accord), repoussa les Mongols, mais croyant les vaincre, les défenseurs tombèrent dans une embuscade. Une partie des troupes Mongoles surgirent entre les défenseurs qui avaient fait la sortie et la ville. Les fantassins se retrouvèrent encerclés. La plupart des défenseurs étant Turcs, ils offrirent les portes de la ville aux assaillants. Les Mongols entrent dans la ville et la pillent pendant 2 jours. Les survivants de la garnison au nombre de 30000 hommes ne sont capturés qu'au 6ème jour, lorsque la citadelle est prise d'assaut.

Mais les historiens, là aussi, ont différente interprétation, en effet pour certain, la citadelle ne pouvait contenir 30 000 hommes. De plus, il est difficile de croire que les Mongols auraient évacué la ville, même temporairement. En fait, on est certain que la population fut amenée en dehors de la ville pour que celle-ci puisse être pillée. La nuit précédent l'assaut final, 1 000 hommes sortirent de la citadelle et firent une percée au centre de l'armée Mongole et rejoignirent le Sultan. Au petit matin, l'armée Mongole, encercla la citadelle et envoya des volées de flèches et de pierres, détruisant le mur et saccagea le canal de plomb. Entre les 2 prières du soir, elle se rendit maîtresse de la porte et pénêtra à l'intérieur de la citadelle. Parmi les imples soldats et les prux qui la défendaient, 1 000 hommes s'emparèrent de la mosquée du Vendredi et commencèrent un combat acharné en utilisant le pétrole et les arbalètes. Les Mongols aussi utilisérent le pétrole, et tous ceux qui se trouvaient à l'intérieur furent brûlés.
Pour beaucoup, il aurait fallut des années, pour Genghis-Khan, seul 6 jours ont suffit pour qu'il puisse venir à bout de Samarcande.