LES SOUVENIRS D'UN SOLOGNOT

Article écrit et vécu par Henri Darre

Mieux vaut tard que jamais…..

Il a fallu exactement 60 années pour que je rencontre deux de mes frères d’armes…

En effet, l’année 2004, où toutes les villes, toutes les communes de France ont tenu a commémorer la libération du joug nazi, je me suis souvenu soudain qu’il y avait sans doute encore des survivants de mon épopée au 1er R.A.C.

Ayant rejoint la 1ère Division Françaises Libre à Chaumont, après mon séjour au maquis Duguesclin et, m’étant souvenu que d’autres, Chaumontais sans doute, avaient signé pour participer à la poursuite des Allemands à travers les Vosges et l’Alsace, j’ai cherché et, j’ai trouvé…

Jean Brisot , mécano du Chemin de fer, ayant passé son temps pendant le maquis, a saboter le matériel ferroviaire et Joseph Nicocia, lui aussi mécano, Tunisien, débarqué en Provence avec le Général Brosset, étaient toujours bien vivants et habitaient tous les deux Chaumont sur Marne.

Je remercie la ville de Chaumont de m’avoir aidé a retrouver ces deux marsouins de la Coloniale que j’avais quittés en 1945.
Nous avions tellement de souvenirs communs, que ce soit dans les Vosges où nous étions précisément à l’endroit où notre Général Brosset s’est tué en culbutant sa Jeep dans le parapet d’un pont….un Général comme on en voit pas beaucoup…en novembre, dans la neige et la boue, tout le monde a pû le voir conduire sa jeep découverte, pare-brise abaissé , en short….avec sa sirène en action la plupart du temps….un vrai marsouin…

….que ce soit en Alsace où jour et nuit , nous dépannions les véhicules et blindés sautés sur les mines et, où il est arrivé que nous sautions nous-mêmes avec nos dépanneuses..


La section de dépannage CR3 du
1er Régiment d’Artillerie Coloniale

que ce soit pour la réduction de la poche de Royan où là, nous avions un peu de bon temps pendant la traversée de la France ou, que ce soit pour la réduction de la poche du col de l’Authion, sur les hauts de Nice, où une semaine juste avant l’armistice, nous perdions pas mal de nos copains, brûlés par les puissants lance-flammes des Allemands.

Ici, nous sommes dans les Vosges. Je suis en clair sur le pièce de 155.
Nous traversons la France pour aller réduire la poche de Royan..
Nice….la guerre est finie.

Tous les mauvais moments se sont évanouis pour laisser place aux bons souvenirs que nous avons vécus à l’armistice et au repos en Seine-et-Marne où nous étions installés pratiquement chez l’habitant, à La Ferté sous Jouarre, à Provins, etc…..


60 ans après,
à Chaumont. Je retrouve Nicocia et Brisot


Comme moi, mes amis ont été très heureux de me retrouver après cette longue période et, je pense que peut-être, parmi les visiteurs de ce site, certains auront aussi connu la même aventure….et me le feront savoir.