LA BATAILLE DE QUEBEC - 1759

Aprés la guerre d'Espagne, le traité d'Utrecht en 1713, avait ordonné à la France et à son roi, Louis XIV, de céder l'Acadie, Terre Neuve et les territoires de la baie d'Hudson à son ennemi de toujours : l'Angleterre. Il faut dire que la colonie française n'était forte que d'environ 15 000 à 16 000 colons. Une pécadille face aux 200 000 anglais présents sur ces nouvelles terres, sur ce nouveau continent comme on aimait l'appeler dans les cours d'Europe.

L'Angleterre avait vite vu, que son expansion se ferait au-delà des mers, elle avait donc décidé de chasser les Français partout où ceux-ci étaient présents. Que cela soit aux Indes ou en Amérique. En juin 1755, sans aucun préalable et déclaration de quelque sorte, l'escadre anglaise de l'Amiral Boscawen captura plusieurs bateaux français à l'entrée du fleuve Saint-Laurent. Louis XV avec la guerre de 7 ans, n'a pas les moyens de lutter sur tous les fronts. Il lui faut choisir entre le front européen ou le front américain. L'ennemi anglais, quant à lui, a décidé de livrer bataille sur le front américain, il est vrai que son allié prussien peut trés bien s'occuper des batailles en Europe. La Grande-Bretagne peut donc concentrer ses efforts sur le nouveau continent.

En mars 1756, Louis XV nomme le marquis Montcalm, commandant en chef des troupes de Nouvelle-France. Ce dernier est un bon stratège, il gagne quasiment toutes les batailles. Mais peu à peu, les défaites succèdent aux victoires. A partir de 1758, une forte expédition anglaise s'empare de Louisbourg, puis de Fort-Frontennac et enfin de Fort Duquesnne. Le canada français est isolé, il manque de tout : d'hommes, d'armes, de munitions, de vivres...

L'Angleterre a tiré ses plans. Deux attaques doivent avoir lieu, l'une contre Québec, l'autre contre Montréal. Si les deux villes tombent, autant tirer un trait sur la Canada, se disent les français. A Versailles, la cour et le roi sont au courant des dangers qui guettent les colons. Louis XV veut conserver ses colonies mais il n'en a pas les moyens militaires. De plus, il a peur que les renforts qu'il pourrait envoyer soit interceptés par la flotte anglaise, reine des mers. Il doit donc se résigner à l'abandon. Il donne ordre aux troupes outre-mer de se débrouiller seules, sans aide. Autant les condamner tout de suite.
Sur place, la défense tente de s'organiser. Montcalm décide de défendre une partie du territoire avec force, plutôt que tout le territoire mais faiblement. La paix revenue, la France pourra régner sur un territoire, espère t-il !

Wolfe, le général anglais, décide de faire le siège de Québec. En mai 1759, il envoit une flotte accompagnée de 25 000 hommes et plus de 2 000 canons. Vaudreuil, gouverneur de la France est au courant de ce siège. Il l'a appris par des prisonniers anglais. Mais ce n'est pas un militaire et encore moins un fin stratège. Il ne donne aucun ordre pour renforcer les garnisons.
Québec est livrée à elle-même, les Canadiens affluent pour défendre la place. Montcalm profite de la situation de la ville. En effet, celle-ci est sur une hauteur, ce qui facilite sa défense. Il ordonne d'ériger une ligne de retranchements avec des casemates et des mini-places fortes le long du fleuve Saint-Laurent. Il garnit les redoutes avec ses canons et ses 13 000 hommes.
Le 26 mai, il lance des brûlots contre la flotte anglaise. Rien n'y fait. Il ne peut déserrer l'étreinte.

Les premiers boulets anglais commencent à tomber sur Québec. Wolfe lance alors sa première attaque. Les habits rouges enlèvent les premières redoutes mais buttent contre les défenses françaises en voulant gravir la pente. C'est un échec. Wolfe décide alors de bombarder sans temps mort la ville. Il va y instaurer une terreur permanente. Cela dure jusqu'en août. Montaclm se sachant en infériorité évite pendant plus de trois mois la bataille décisive que veut tant le général anglais.
Le 10 septembre 1759, les Anglais découvrent un passage dans les lignes françaises. Certes étroit mais assez grand pour semer la panique parmi les défenseurs. C'est un simple sentier à peine à 3 kilomètres de la ville de Québec, ce sentier débouche sur une plaine qui domine la ville. Pendant la nuit du 13 septembre, des barges déposent environ 5 000 hommes avec deux canons. Montcalm décide d'affronter les Anglais avant qu'ils n'arrivent sur le plateau. Mais les troupes françaises attaquent dans le plus grand désordre, la mitraille anglaise à vite raison des assauts Français. Wolfe prends alors l'avantage et lance ses habits rouges à la charge, baïonnettes en avant !!!

Les Français sont en déroute, ils fuient vers la ville. Wolfe a été blessé, mortellement. Montcalm qui, lui aussi, a été touché mourra deux jours plus tard. Les anglais se lancent à la poursuite des fuyards et enfoncent les points de résistances les uns aprés les autres. La panique a gagné les rangs français. Ramezay, le nouveau commandant de la place, a reçu de Vaudreuil l'ordre de hisser le drapeau blanc. Les bombardements continuent et la ville a encore quelques 2 000 hommes en garnison plus 4 000 personnes y vivant, où s'y terrant, au choix. Le 17 septembre Ramezay cède, plus aux supplications des hommes et femmes de Québec qu'à l'ordre du gouverneur. Il transmet des propositions de capitulation aux anglais. Le commandement anglais est surpris et accepte avec plaisir cette reddition. En effet, les Anglais n'avaient pas encore dressé une seule batterie. Le 18 septembre Québec capitule officiellement. Les Anglais sont possesseurs de la ville. Les Français se regroupent sur Montréal qui tombera un an plus tard.

C'est la fin de la Nouvelle-France. Le 10 février 1763, la traité de Paris décide de la cession par la France à l'Angleterre de l'Acadie, du Canada, de Terre-Neuve et de Cap-Breton ainsi que toute la contrée qui s'étire sur la rive gauche du Mississipi.