LA 1ère CAMPAGNE D'ITALIE DE NAPOLEON - 1796

En 1796, l'armée d'Italie est bloquée devant les Alpes, cette armée est démunie d'uniformes, d'armes correctes, de nourritures mais aussi de chefs compétents. C'est alors que le général Bonaparte en reçoit le commandement. L'objectif espéré par Paris est la conquête du Piémont et du Milanais, l'autre but, le vrai peut être, est d'occuper les troupes étrangères pendant qu'on attaquera Vienne. Pour se faire, Paris dispose de l'armée d'Italie, forte d'environ 58 000 hommes.

Bonaparte connaît bien les lieux, il a déjà parcouru ses chemins en mission diplomatique pour Paris. Mais les soldats français ont des problèmes pour résister aux Sardes qui tiennent les cols des Alpes. Les communications sont difficiles, la côte est sous surveillance anglaise. Mais il y a un point faible e Napoléon le connaît, l'alliance entre la Lombardie et l'Autriche est fragile, elle ne tient à rien qu'elle cède. Il décide de conquérir un endroit central, de ce dernier il s'en servira comme base de départ pour la future campagne.

Bonaparte traversant les Alpes

Il décide donc d'attaquer Carcare, en passant par le col de Cadibone situé aux limites du système de défense adverse. Ceci permettra d'aérer un peu le dispositif français, d'ouvrir de nouvelles voies de communication et de menacer la route de Turin sans trop se soucier des autrichiens qui sont éloignés. Pour cette attaque, Bonaparte prévoit une diversion à l'Est, avec une brigade sera chargée de faire croire que l'attaque principale a lieu dans cette direction, et il prévoit aussi un assaut sur les cols à l'Ouest pour fixer le maximum de troupes ennemis. Il a choisi, tranché, les opérations débuteront le 14 avril.

Beaulieu le commandant des troupes pièmontaises et sardes décide de marcher vers Voltri avec 8 000 hommes et il en envoi 10 000, avec à leur tête d'Argenteau, vers Savone. Pour Napoléon La surprise n'aura pas donc lieu, il doit répondre à ces attaques, il doit défendre en direction de Voltri et comme la meilleure défense c'est l'attaque, il attaque donc vers Montenotte et Savone avec 28 000 hommes. Le 12 avril, d'Argenteau est rejeté en arrières par les troupes françaises, son principal corps de bataille est battu tandis que son arrière garde doit reculer en désordre vers Dego. Stratégiquement tout à fonctionner pour Napoléon. La défaite d'Argenteau pousse Beaulieu à reculer pour défendre Alexandrie. Bonaparte a réussi à séparer les coalisés et il menace la route de Turin. Cette dernière devient une proie tentante car elle n'est défendue que par les piémontais. Le 21 avril, les piémontais sont battus à Mondovi, à Cherasco. Ces défaites et replis font souffler un vent de panique à Turin. Une semaine plus tard Bonaparte signe l'armistice de Cheraso et obtient le retrait de la Sardaigne de la coalition, il obtient aussi les places de Coni, Tortone Alexandrie.

Toujours en suivant son plan initial, il décide de reporter son armée vers les autrichiens avant que ceux-ci ne reçoivent des renforts. L'arrière garde autrichienne est laminée le 10 mai, quatre jours plus tard, l'armée française rentre dans Milan. Paris, malgré les ordres que Napoléon ne suit pas toujours, est ravi du butin énorme, mais rien n'est fait contre l'Autriche et l'Allemagne. Ne voyant rien, les autrichiens décident de diminuer ses lignes au nord pour envoyer des renforts aux troupes en Italie qui ont à faire avec un général français quasi inconnu mais stratégiquement doué. Le renfort sera de 30 000 hommes et commandé par Würmser qui relèvera Beaulieu.

Bonaparte est maintenant en infériorité numérique, mais le général autrichien fait une faute de débutant face à Napoléon, il décide de diviser ses forces en 2 corps. Napoléon s'attaque au corps le plus faible à Lonato le 3 août, puis il s'en prends au corps principal le 5, ce dernier est écrasé entre Solférino et Castiglione. Le 8 septembre, après avoir subit une autre défaite, le général autrichien Würmser s'enferme dans Mantoue.

L'armée autrichienne a encore changé de patron, elle est commandée par Alvinzy qui veut aider Würmser, Bonaparte ne pouvant attaquer de front, décide de contourner l'obstacle en passant para Arcole. La bataille dure 3 jours, avec la bataille du très fameux pont d'Arcole. Les autrichiens ont perdu leur meilleur troupe, ils sont bousculés par les français qui voient un chef aller au feu, montrer l'exemple, la légende commence à naître. Les autrichiens envoient encore des renforts pour tenter de débloquer la poche de Mantoue, mais à Rivoli l'aile gauche autrichienne est disloquée, puis le 16 janvier 1797, ils sont encore battus par les français à la Favorite. Le général Alvinzy est en pleine déroute et recule, Würmser capitule le 2 février avec plus de 20 000 hommes. Il a devant lui un Napoléon fort de 50 000 hommes.

De suite, il envoie Joubert sur le Tyrol, il faut marcher vers l'Autriche, l'obliger à se battre sur plusieurs fronts, en effet, cette dernière a battu les généraux français Moreau et Jourdan. Le vainqueur autrichien, l'Archiduc Charles est battu le 16 mars, puis le 24 et encore une fois au début avril 1797. Les troupes françaises menacent directement l'Autriche, cette dernière épuisée par de longs et couteux combats demande l'armistice avec le traité de Campo-Formio du 17 octobre 1797.

Les généraux français les plus cotés, les plus écoutés ont été battus en Allemagne, battu Moreau, battu Jourdan. Par contre en Italie, pour sa première campagne, un général sans gloire, sans grand passé à vaincu à lui seul l'Autriche. Une gloire venait de naître, une page de l'histoire de France aussi.