LA PRISE DE CARTHAGENE - 1697

En 1697, la guerre de la ligue D'Augsbourg n'est pas terminée et personne ne connaît l'issue. La marine française n'a pu débarquer en 1696 en Angleterre, faute d'avoir pu concentrer assez de bâtiments dans la Manche. Mais un capitaine de vaisseau, le Capitaine Pointis, va convaincre le Roi qu'une expédition pourrait être tentée contre une base espagnole dans les Caraïbes.

Depuis 1689, Pointis a étudié comment les attaques ont eu lieu contre des villes comme La Havane, Vera Cruz, il décide de s'en prendre à Carthagène. Le Roi va s'associer à cette entreprise en fournissant 7 vaisseaux, 3 frégates et quelques autres bâtiments. L'escadre part de Brest le 7 janvier 1697 et elle arrive vers le 3 mars à Saint-Domingue. Pointis va alors discuter pour obtenir l'aide du gouverneur Ducasse. Le gouverneur des Antilles accepte non sans mal. Un mois plus tard la flotte est en vue de Carthagène avec 1200 hommes accompagné d'environ 650 flibustiers et boucaniers.

Mais Carthagène possède des fortifications impressionnantes, pour Pointis, il n'y a pas de problème, il suffira d'appliquer son plan. Tout d'abord un débarquement qui fait céder le fort de Sainte-Croix qui commande l'accès au port. Puis avec les flibustiers, il s'empare d'un autre fort dont la chute entraîne celle de Carthagène. Le 6 mai 1697, Pointis rentre dans la ville.

Jusqu'au 24 mai, les Français se livrent à un pillage en règle de la ville, on estime le butin entre 10 et 20 millions de livres. La part du roi sera de l'ordre de 2 millions selon les règles en vigueur. Toutefois, malgré ce butin et la fortune qu'il amène, tout n'est pas rose, les pluies arrivent, une grande épidémie de fièvre jaune touche la région. Il faut partir. Pointis décide de quitter Carthagène, il renonce au projet de garder cette ville à la couronne de France. Dans le même temps, les boucaniers commencent à demander des comptes sur le butin, car ils s'estiment lésés. Ces derniers décident de se livrer à un second pillage de la ville. Pendant presque une semaine, ils pillent chaque maison, chaque cave… Ils violent, torturent, massacrent, ils vont même jusqu'à exhumer les cadavres… Le gouverneur Ducasse est désespéré en apprenant une à une ces mauvaises nouvelles.

Pointis, lui continue son retour vers la France avec chance, malgré la fièvre jaune qui décime peu à peu ses navires, il réussi à échapper à une escadre Anglo - Hollandaise. Les anglaises arrivent à s'emparer d'une flûte qui servait de navire hôpital, mais celle-ci contaminent l'escadre anglaise. La fièvre jaune qui touche les navires anglais et hollandais est l'une des plus terribles de l'histoire maritime. Elle tuera 1300 matelots, 6 capitaines et l'Amiral, cela rien que du côté anglais. Chez les hollandais il n'y aura qu'un seul capitaine survivant.

Pointis évitera encore une escadre anglaise vers Terre-Neuve et encore une autre prés des côtes françaises. Il arrive à Brest le 29 août 1697 avec un très gros butin. Cette expédition a constitué une grande diversion, elle obligea les anglais et l'Amiral Nevill à suivre pour tenter d'intercepter Pointis. Ceci permis plus tard la prise de Barcelone, les Anglais n'ayant plus que quelques navires, Nevill faisait défaut.
Pour conclure, le roi Louis XIV décida d'attribuer aux flibustiers une part supplémentaire du butin et il décora Ducasse de la Croix de Saint-Louis, personne ne fût lésé
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