LA BATAILLE D'AZINCOURT - 1415

En France, la démence du roi Charles VI suscita de nombreuses querelles ouvertes entre les principaux nobles français. Deux factions rivales, les Armagnacs, partisans du duc d'Orléans, et les Bourguignons se vouaient une telle haine que les Bourguignons s'allièrent à Henri V pour renverser leur propre roi.
Henri V n'hésita pas un instant. Rassemblant une énorme flotte et une force expéditionnaire, il se mit en route en direction du port français d'Harfleur. Malheureusement pour lui, le siège d'Harfleur se prolongea sur plus d'un mois et, pire encore, la dysenterie fit des ravages au sein de son armée.
Henri se retrouva alors confronté à un choix difficile. D'un point de vue militaire, il eut été logique de ramener son armée en Angleterre. Mais, quitter la France sans conquêtes significatives eut été pour lui une défaite humiliante qui aurait dissuader ses nobles de financer d'autres campagnes.

Henri V décida de mener son armée du port d'Harfleur jusqu'à celui de Calais, alors sous domination des Anglais. De cette manière, il contrôlerait la campagne française, sans mettre en danger son armée. Cependant, les Français ne restèrent pas inactifs et mobilisèrent une vaste armée dans le but de contrer les Anglais. La marche d'Henri V pris alors les allures d'une course contre la montre, les forces anglaises, sans aucun approvisionnement, voulant rallier Calais avant de se faire stopper par les Français.
La campagne française, hostile et insolite, ralentit la marche des Anglais. Dans la nuit du 24 octobre, à la veille de la Saint-Crépin, l'armée anglaise se retrouva prise au piège près du petit village d'Azincourt.

Après avoir saisi la ville d'Harfleur, le roi d'Angleterre, à la tête d'une armée de 6 000  hommes (et non pas 15 000 comme il est parfois mentionné), traversa la Somme et affronta une armée constituée de 50 000 Français, sous les ordres du connétable Charles d'Albret. Les archers anglais protégèrent leur front par une palissade de piquets, qui arrêta la charge française. C'est principalement la désorganisation totale des troupes françaises qui leur fut fatale. En effet, les nobles français, nourris par la compétition au sein de l'armée et échaudés par les tirs des archers anglais, se précipitèrent contre les archers. Le terrain boueux ne facilitait pas l'avance de la cavalerie, embourbée et décidant qu'il ne valait pas la peine de perdre la vie face à de simple archers, les nobles français firent demi-tour. Mais quand les archers anglais couvrirent se repli provisoire de nuées de flèches, les cavaliers perdirent le contrôle de leur montures qui piétinèrent les chevaliers à pied. Ceux-ci formèrent bientôt un groupe si compact qu'en arrivant face aux chevaliers à pied anglais il n'avait plus même l'espace nécessaire au maniement de leur arme. Les anglais entamèrent un mouvement de recul, déséquilibrant les chevaliers français qui se piétinèrent allégrement ! Les chevaliers anglais reprirent le combat, soutenus par les archers munis de leurs armes de poing. La première vague française était défaite, amorçant son repli elle ne fit qu'augmenter la désorganisation de la seconde vague. Un nombre considérable de soldats français fut fait prisonnier, bientôt Henri V appris qu'une armée française de soutien approchait. Décidant que les prisonniers constituait un danger potentiel. Henri V donna alors l'ordre d'exterminer les prisonniers, entachant ainsi à jamais sa victoire. Bientôt il prit conscience que l'armée de soutien n'était formée que de paysans, il ordonna de cesser le massacre des prisonniers, mais trop tard aux yeux de l'histoire. La bataille d'Azincourt fit 1 600 victimes dans le camp anglais. Quant aux Français, ils perdirent 10 000 hommes, parmi lesquels 4 ducs. 15 000 Français furent en outre faits prisonniers. 

La bataille d'Azincourt mit fin aux guerres de chevaliers. Dès lors, la victoire militaire reposa sur une infanterie fiable et disciplinée. L'issue des batailles fut déterminée non plus au cours de combats au corps à corps, mais par l'utilisation d'armes toujours plus sophistiquées, pour ne citer que les arcs, les arbalètes, les canons et les arquebuses. Alors que l'armée d' Henri V n'était pas en mesure d'exploiter totalement sa victoire à Azincourt, la cour française, démoralisée, fut incapable pendant les cinq années qui suivirent d'opposer la moindre résistance aux campagnes anglaises. En 1420, la majeure partie du Nord de la France se trouvant sous hégémonie anglaise, le roi Charles VI désigna Henri V régent et héritier du royaume de France , et lui donna en mariage sa fille Catherine de Valois . Mais de nombreux Français, refusant de se soumettre à la domination britannique, se rallièrent sous les ordres du dauphin de France, Charles VII.