LES SAM AUX MALOUINES - 1982

Pendant la guerre des Malouines, en 1982, la Grande-Bretagne a utilisé différents systèmes de SAM : le Blowpipe, le Rapier et le Stinger.
Ce dernier ne faisant pas partie de l'équipement standard de l'armée anglaise, seul les SAS en ont été dotés. Le missile portable standard de l'armée britannique est le Blowpipe. Il équipe les détachements de la Royal Artillery affectés au soutien des unités. Ce missile a été conçu pour une utilisation sur le théâtre européen avec une Land Rover qui tracte une remorque spécialement conçue pour le réapprovisionnement. Aux Malouines, les unités Blowpipe durent porter leur matériel à pied, sans compter leur paquetage qui étaient déjà conséquent. De plus, elles devaient suivre les unités d'infanterie dans leur avance afin de pouvoir leur offrir une protection antiaérienne.

La défense de la tête de pont anglaise fût confiée aux missiles Rapier. Les victoires homologuées du Blowpipe pendant le conflit des Malouines sont au nombre de 9, plus 2 probables. Selon le ministère britannique ce taux de réussite assez faible peut s'expliquer par les dommages causés au matériel par sa manutention. Mais le missile Blowpipe était déjà en soit limité avant le conflit, son système devait d'ailleurs subir des améliorations par la suite.

Les Rapiers furent débarqués le 21 mai, c'est à dire au premier jour de l'offensive, dix unités étaient en position sur les 12 prévues avant la fin de la première journée, certaines unités avaient été endommagées pendant le transfert des cargos sur le continent, car les hélicoptères étaient l'objet d'attaques répétées et certains ont dû larguer leurs cargaisons en catastrophe. Quatre jours après le débarquement, une batterie de Rapier fut mise en place à Wreck point pour soutenir les bâtiments de la Royal Navy.

ROYAL MARINE EPAULANT UN BLOWPIPE

Le 27 mai, 8 Rapiers furent livrés, 4 d'entre eux furent aéroportés le lendemain vers Teal Inlet, où ils devaient assurer la défense du QG de la 3ème Brigade. Le reste fut ultérieurement chargé à bord des bateaux de débarquement "Sir Tristam" et "Sir Galahad", à raison de 2 par navires. Au cours d'une attaque menée par des Skyhawks argentins, 3 batteries étaient opérationnelles, 2 missiles furent lancés sur la 3ème vague d'attaque abattant un appareil argentin. Selon le ministère la batterie T a descendu à elle seule 14 avions argentins et 6 autres succès sont considérés comme probables. Les Rapiers utilisés étaient les modèles de la première génération, ils n'avaient pas encore subit les dernières innovations et modifications.

SYSTEME RAPIER AVEC RADAR DE SURVEILLANCE SOUS RADÔME

Le premier jour, les Rapiers n'obtinrent aucun résultat probant, le troisième jour par contre, fut très faste, 2 avions Skyhawks argentins attaquèrent le paquebot "Canberra", le premier avion fut atteint de plein fouet, son explosion entraîna l'explosion du second appareil argentin. Les Rapiers étaient pourtant dans un environnement pour lequel ils n'avaient pas été prévus, le personnel n'avait pas reçu l'entraînement adapté à ce type de combat, les radars de poursuite des SAM étaient constamment gênés par ceux plus puissants des navires trop proches. Et pour finir, beaucoup de missiles durent être éloignés de leur cible afin de ne pas endommager les hélicoptères alliés. Seul dégât probable, un navire anglais aurait vu sa mâture emporté par un Rapier.

L'Argentine utilisait elle aussi des missiles Blowpipe, on lui attribue d'ailleurs la destruction d'un Harrier anglais. Après la victoire britannique, les soldats de sa gracieuse majesté saisirent également du matériel russe comme le les missiles portables SA-7 Grail. Les Argentins déployaient aussi des missiles Tigercat, version mer-air du missile Seacat, version fournit par la Grande-Bretagne elle-même avant le conflit. L'Euromissile a prétendu que son système Roland avait stoppé les attaques aériennes contre Port Stanley, mais le ministère britannique a démenti aussitôt.

UNITE RAPIER DANS LA BAIE DE SAN CARLOS

Quoiqu'il en soit les SAM modernes venaient de montrer leurs capacités à défendre, protéger voir attaquer une aviation qui n'étaient pas entraînée à ce type d'armement, ces systèmes obligèrent les pilotes à exécuter des manoeuvres parfois dangereuses pour éviter les SAM, rendant la tâche plus facile aux chasseurs ennemis.