LE P-3 ORION

Les Etats-Unis ont des milliers de kilomètres de côtes à surveiller. Pendant la guerre froide, leur principale crainte était les sous-marins russes. De ce fait, la lutte anti sous-marine (ASM) a été un élément prépondérant dans la défense du territoire américain.

Le P-3 Orion est né suite à la demande l'US NAVY qui voulait un avion de lutte ASM pour remplacer le Neptune déjà vieillissant. La firme Loockeed Electra mis à l'étude en août 1957 l'Orion. Ce projet était un parmi tant d'autres, mais ayant retenu l'attention de la marine américaine, car le projet présentait beaucoup d'atouts. Dés avril 1958, Loockeed commençait la production. Cet avion représentait un véritable bond en avant dans la lutte ASM, son développement s'étendit sur des années, c'est pour cela que le modèle n'entra en service qu'à partir de 1962. Le P-3A, fût livré au Patrol Squadron VP-8 en août 1962. Par la suite des variantes ont été disponibles.
Bénéficiant d'une autonomie de prés de 17 heures, il répond parfaitement aux exigences bien spécifiques de la lutte ASM et patrouille maritime. Cette autonomie peut lui permettre de patrouiller à plus de 1800 kilomètres de sa base, ce qui est considérable. L'Orion dispose d'une soute à bombes assez grande qui peut contenir des armes diverses allant de mines, torpilles, de charges de profondeur. Des missiles peuvent être placés sous sa voilure, tel le AGM-84 Harpoon.

Variantes du P-3C, appareil appartenant au VP-5

Sa fonction première consiste à détecter et surveiller les sous-marins. Donc, il va transporter des bouées acoustiques, ces dernières constituant les senseurs pour traquer les monstres des profondeurs que sont les sous-marins. Le P-3C peut emporter 48 bouées qui sont mises en place de l'extérieur, lorsque l'appareil est au sol, dans des tubes sous voilures, sous le fuselage. Un supplément de bouée pouvant être installé à l'intérieur de l'appareil.

 En mission, un seul Orion peut couvrir de très grandes étendues d'eau, outre la lutte ASM, son autre fonction étant bien sur la patrouille maritime, avec sa capacité il peut donc "visiter" un très grand secteur. Son équipage dispose pour se faire d'une large gamme de matériel de détection, d'électronique afin de réceptionner, recenser et identifier les bateaux. Autre atout de l'Orion, il a des programmes adaptés à chaque type de mission. Basés sur des données de navigation et sur les derniers renseignements du secteur à couvrir, ces programmes sont chargés dans le logiciel de bord juste avant le décollage, pour ensuite, donner un aperçu relativement précis de la situation de la zone en question. D'autres dispositifs comme ceux des transmissions permettent à cet appareil de transmettre instantanément des informations à n'importe quels autres bâtiments, bases ou avions.

Sous sa voilure on peut noter les 48 tubes de lancement de bouées acoustiques

Une fois sur zone, le coordinateur tactique devient le centre nerveux de l'Orion. A l'intérieur de ce poste, un dispositif très perfectionné permet une visualisation des différents paramètres de la mission comme la direction, la vitesse, la position des bouées acoustiques, la présence d'autres navires ou avions... Automatiquement enregistrées sur bande magnétique ou sur CD, toutes ces données sont analysées une fois le retour au sol. Par la suite ces données serviront de base pour l'élaboration de nouveaux programmes de mission.

P-3B du VP-17 survolant un croiseur soviétique

Pour la détection, le radar constitue le principal senseur, pour les navires de surface, tandis que les bouées serviront pour les sous-marins, il existe d'ailleurs plusieurs sortes de bouées, actives, passives. Un autre capteur existe pour autant, c'est le détecteur d'anomalies magnétiques (MAD), ce dispositif permet d'enregistrer les variations locales du champ magnétique terrestre causées par la présence d'un submersible ou d'une épave d'ailleurs. Les bouées sont couplées avec un ordinateur qui détermine laquelle doit être lancée et il sélectionne les canaux VHF utilisés pour recevoir les signaux provenant du senseur. La position exacte des bouées est aussi calculée par le logiciel de bord avant d'être vu sur l'ordinateur de bord.

P-3 de l'armée de l'air iranienne acheter avant la révolution de 1979