LES HELICOPTERES PENDANT LA GUERRE D'ALGERIE

Depuis le début du conflit Algérien, la France n'a pu prendre la mesure d'un adversaire qu'elle ne maîtrise pas. Elle ne peut le combattre sur un terrain ou une armée dite moderne peut avancer ses atouts. De plus, la fin de la guerre d'Indochine a laissé un goût amer aux combattants Français. Alors cette "guerre" là, ils ne veulent pas la perdre. Le gouvernement Français a la même réaction, il vient d'envoyer des renforts conséquents, plus de 25 000 hommes sont envoyés, ce qui porte les effectifs à environ 80 000 hommes. Mais le territoire Algérien est vaste. Les infrastructures à surveiller sont nombreuses. Il faudrait disposer de forces plus nombreuses ou alors plus mobiles d'ou l'idée de l'utilisation des hélicoptères.

Les premiers hélicoptères utilisés en Algérie sont regroupés dans le GH2 (groupement d'hélicoptères n°2). Les appareils sont affectés dans différents pelotons mais dépendent de Sétif. Le terrein de cette base est situé à prés de la Nationale 5. Il comprend 3 bandes balisées et quelques hangars. Vers la mi-juin 1955, deux escadrilles y sont stationnées, l'une de Bell 47 G, l'autre den S-55 ou H-19. On y retrouve des pilotes de l'armée de l'air, des marins, des gars de l'aéronavales...
En effet, dés janvier 1955, la marine avait envoyé un HUP-2. L'armée de l'air décide de regrouper ses Bell 47 D1 sur Boufarik. Le 1er avril 1955 est crée le EHL n°57.

Puis, l'EHM est constituée en août, elle bénéficie de l'arrivée de S-55. Les trois armes ont donc leur propre unités d'hélicoptères. L'ALAT se voit peu à peu fournit en nouveau matériel, notamment des Vertol H-21C. Les "bananes volantes". Les hélicoptères commencent à arriver en Algérie, reste à trouver le moyen de les employer de manière efficace.
On pense, en premier lieu, au EVASAN, évacuation sanitaire, mais on peut et on doit aussi se servir des qualités de ce type d'appareil. Prendre l'ennemi de vitesse en transportant des troupes d'un point à un autre et trés rapidement, placer des embuscades, l'encercler, fouiller facilement une zone... Les hélicoptères vont être groupés en DIH (détachement d'intervention). Il est composé d'un hélico léger et d'hélicoptères lourds. Le premier sert de point de commandement, il s'agit soit d'un Bell et plus tard d'Alouette 2. Le concept d'hélicoptère d'assaut viendra plus tard. Quelques temps plus tard.
Le premier qui comprendra tout l'intérêt des hélicoptères est le Colonel Bigeard. Le commandant du 3ème RPC fait poser ses paras en sauts de puce sur tous les itinéraires de décrochages de l'ennemi. L'adversaire est pris de vitesse et par surprise, son moral tombe, de même que ses hommes et son matériel.

L'exemple type est l'opération du 8 mars 1956, Bigeard fait poser 150 paras. Ils sont dirigés par Bigeard de son Bell de Commandement. En deux heures tout est plié. 126 morts ennemis, 14 déserteurs repris, plus d'une centaine d'armes récupérées, pour un mort du coté du 3ème RPC. Preuve est fait de l'utilité de cet appareil en milieu hostile.
En novembre 1956, l'armée de l'air constitue l'EH3 à Boufarik et l'EH2 à La Sénia. Cette dernière est commandé par le Colonel Brunet, il sera à l'origine de la réglementation de l'emploi de ces appareils.
Ce dernier va essayer d'améliorer l'armement des hélicoptères. Il va essayer des systèmes de largage de bombes, l'installation Browning calibre 50...
Pendant ce temps, la Marine crée le groupement d'hélicoptères de l'aéronavale n°1 (GHAN 1). Il réunira les flotilles 31 F, 32 F, 33 F. La 31 F est dotée de H-21. Quant à la 32 F, elle sera la première à recevoir le HSS-1, version navale du H-34.

Le commandant Babot, qui était le patron du GHAN, décida comme Félix, d'armer ses appareils. Avec ses officiers, ils vont armer leurs hélicoptères de canon de 20 mm, des MG151. (Voir photo ci-dessus). Puis aprés divers incidents, le blindage P2V6 viendra compléter le caisson à munition. Mais Babot ne va pas s'arrêter là, il va transformer ses hélicos en bombardier. Il fait installer un lance-bombes pouvant accueillir 5 bombes de 250 livres à fragmentation. Mais le projet n'ira pas plus loin que le temps d'effectuer quelques opérations avec ce matériel.

De son côté, Félix améliore constamment ses appareils. Le filtre à sable rentre en service afin d'éviter que les moteurs ne grillent. Mais le procédé est tellement lourd que l'armée décide de confier sa réalisation à une entreprise pourvue d'ingénieurs et non de militaires ingénieux. Mais reste que la débrouille restera encore pendant de longues années en activité dans les groupements d'hélico.

Les hélicoptères ont connu un âge d'or pendant cette guerre d'Algérie. Ils n'étaient pas destinés aux combats et ils sont devenus vites irremplaçables dans la lutte contre un ennemi mobile et pratiquement la guerilla. A partir de cet instant, l'hélicoptère était devenu une arme reconnue par l'armée française. D'appui feu, en evasan, jusqu'au transport de commandos, ils sont le point positif de cette guerre. Plus tard, ils s'embarqueront pour le Liban, puis le Golf et aujourd'hui, il n'y a pas un conflit sans que les hélicoptères ne soient présents.